Lire au jardin... ou ailleurs

02 novembre 2015

Poisson d'or

poisson d'orJe termine poussivement ce "Poisson d'or" qui me glisse entre les mains. Rien à faire, je n'ai pas accroché. Trop lisse, trop plein de bonne volonté, trop mou. Il faudra que je revienne à Le Clézio par un autre chemin, tenter à nouveau d'entrer dans son univers. Celui-ci me laisse sur ma faim. Je me souviens pourtant d'avoir lu et aimé un des ses livres, mais il y a longtemps et j'en ai perdu le titre (c'était avant l'ouverture de mon blog, ma "mémoire" :-) ).

Extrait (première page) :

Quand j'avais six ou sept ans, j'ai été volée. Je ne m'en souviens pas vraiment, car j'étais trop jeune, et tout ce que j'ai vécu ensuite a effacé ce souvenir. C'est plutôt comme un rêve, un cauchemar lointain, terrible, qui revient certaines nuits, qui me trouble même dans le jour. Il y a cette rue blanche de soleil, poussiéreuse et vide, le ciel bleu, le cri déchirant d'un oiseau noir, et tout à coup des mains d'homme qui me jettent au fond d'un grand sac, et j'étouffe. C'est Lalla Asma qui m'a achetée.

JMG Le Clézio - Poisson d'or - Edition Gallimard

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20 octobre 2015

Nom de Dieu !

nom-de-dieu-451583-250-400Comment Baptiste, fervent chrétien, père de famille, voit sa vie basculer dans une série de catastrophes qui semble ne jamais devoir s'arrêter. Tombant de Charybde en Scylla, il entame une longue descente qui le mène au doute et à la colère, jusqu'à vouloir régler ses comptes avec son Dieu. Des passages très drôles, d'autres un peu mièvres. Ca se lit bien même si le niveau est inégal sur la longueur.

Dans le même registre, le rapport à Dieu et la façon de l'interpeler, lire plutôt "La lamentation du prépuce" de Shalom Auslander : caustique, profond, inoubliable !

Extrait :

C'est en voyant son mari à genoux, priant en caleçon et chaussettes sur la descente de lit, que Constance se surprit à penser qu'un homme pieux, ce n'est pas très sexy.

Nom de Dieu ! - Philippe Grimbert - Edition Grasset

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L'ogre

l_ogreLorsque je tombe par hasard - là une vente de livres d'occasion - sur un livre aussi beau, aussi fort, et que je ne connaissais pas alors qu'il est sorti en 73 (et avait reçu le prix Goncourt de cette même année !), c'est un moment merveilleux. Savoir que le réservoir de bons livres non seulement se remplit sans cesse, mais aussi que, comme pour le fond de l'océan, nous n'en connaissant que très peu, nous n'aurons le temps de n'en lire qu'une infime partie, cela laisse la place à un infini inépuisable.
Chessex pourtant, je connaissais son physique, sa présence lors d'émission télévisée ne passait pas inaperçue, mais ses livres non, jamais. Quelle erreur !

L'ogre est un livre puissant, sur la présence imposante d'un père autoritaire, castrateur. Le livre débute à la mort du père, qui loin de libérer le fils, Jean Calmet, l'écrase davantage. Au coeur du livre, au coeur du désespoir, s'ouvre un chapitre lumineux, avec l'arrivée de la Fille au Chat c'est la découverte de l'amour, de la sensualité. Pas suffisant pour sauver le narrateur pourtant.
L'écriture est splendide, grandiose. On a envie de lire à voix haute pour en apprécier toute la force.

Extrait :

Il y eut la rentrée de janvier.

Des conférences pédagogiques, des piles de versions à corriger. L'ennui plat.

Un mois passa. Rien à dire. Puis ce fut le 21 février, et Jean Calmet rencontra la Fille au Chat.

Alors il put croire que l'esprit de Dionysos entrait en lui.

Jacques Chessex - L'ogre - Edition Grasset

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30 septembre 2013

Les demeurées

les demeuréesUn roman court et puissant, une écriture poétique... comblée je suis. Deux femmes et une enfant : les demeurées - la mère et la fille - et l'institutrice. L'isolement au monde de la mère et l'enfant, leur amour silencieux et intense, leur refus de tout contact afin de se protéger... et l'institutrice bienveillante, le savoir imposé qui peut détruire lorsqu'en face la peur d'apprendre est la plus forte.

Extrait :

On l'appelle La Varienne, qui sait pourquoi ! La petite, c'est Luce. Un cri d'oiseau dans le matin, qui monte tout droit et s'oublie dans le ciel. Luce. Le nom lui fait dresser le cou un peu hors de la blouse sombre, le nom de sa petite, niché là entre la nuque et le pli du col, une place hasardeuse. Allez savoir pourquoi ce nom, a-t-on dit. Mais elle l'avait crié, elle, le jour où de son sang, de son ventre, la petite avait crié.
Luce. Et on a beau rire, on a respecté la voix aux accents si graves qu'elle bourdonne aux oreilles bien après s'être tue, une voix qui rumine. Luce est un nom, un vrai. La petite est.

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27 septembre 2013

Le pont sur la Drina

le pont sur la DrinaJe ne connaissais pas Ivo Andric, pourtant prix nobel, je le découvre donc avec "Le pont sur la Drina", épopée historique qui couvre quatre siècles dans la ville de Visegrad, en Bosnie-Herzegovine. L'histoire du pont construit sur la Drina, et qui relie la Bosnie à la Serbie, mais aussi l'Orient à l'Occident, est aussi celle de cette région où se sont suivies guerres et occupations. Ivo Andric mèlent ainsi la vie quotidienne des habitants de Visegrad à la grande Histoire.

Passionnant, très bien écrit, on découvre cette partie de l'Europe, si proche et pourtant généralement mal connue de nous, la cohabitation des cultures, des communautés, les déchirures.

"Le pont sur la Drina" est en cours d'adaptation cinématographique par Emir Kusturica.

Extrait :

"Dès qu'un gouvernement ressent le besoin de promettre par voie d'affiches la paix et la prospérité à ses administrés, il convient de se méfier et d'en attendre tout le contraire."

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25 septembre 2013

Lecture & rencontre - Rogue waves & Continuité du désastre de et par Daniel Labedan

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Daniel Labedan est éditeur (Editions Les Etats Civils), on lui doit la parution de beaux ouvrages comme "Les âmes inquiètes" de Marco Ercolani & Lucetta Frisa qui m'avaient bouleversé l'an dernier.

Il est aussi écrivain, et il viendra présenter et lire des extraits de son nouvel opus "Rogue waves & Continuité du désastre" dans ce lieu où les lecteurs avignonnais aiment flaner à la recherche de la perle rare (en fait il y en a tant !), la librairie La Mémoire du Monde, ce vendredi 27 septembre à 19h.

Présentation extraite du site Librairie-PACA.com :

27 septembre - Daniel Labedan

Rencontre et lecture par Daniel Labedan de ses textes Rogue waves  & Continuité du désastre,  [Editions les Etats civils].

Rogues waves ou vagues scélérates  : vagues colossales qui n'obéissent pas aux règles communes de calcul, et qui, par leur puissance arrivent à couler de très gros navires...Continuité du désastre  : témoignages, réels ou fictifs, sur la fermeture des mines dans une petite ville galloise durant la période Thatcher...

vendredi 27 septembre à 19h00 - [entrée libre]
36, rue Carnot
84000 Avignon

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