michonaoût 2010 : Lorsque je prête des livres à mes amis, je ne peux m’empêcher d’y jeter un oeil encore, d’y relire un passage, pour partager davantage cet échange, surtout lorsque ma lecture en est ancienne, et parfois ne plus pouvoir en ressortir. 

C’est ce qu’il s’est produit avec ces “Vies minuscules” de Pierre Michon. Et je retrouve la même émotion, le même plaisir de la belle écriture, du style tendu, précis. Ces vies de “petites gens” sont si présentes, si vivantes, sous la plume de Michon. Ce sont des personnes ayant vécu dans l’entourage de l’auteur, famille, rencontre, saisies, croquées, dont il peint les portraits, les sentiments, les espoirs et les douleurs.

Et tout au long de ces récits, sa peine et sa recherche de l’écriture, qu’il croit devoir venir comme une grâce, son errance.


“Je fis en train un voyage terrifié ; il allait falloir écrire, et je ne le pourrais pas : je m’étais mis au pied du mur, et je n’étais pas maçon”

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Ce fut une lecture puissante. Chaque page était superbe mais cela est allé au-delà. Pierre Michon atteint le sublime en quelques touches et la gorge se noue soudain au détour d’une description minimaliste, d’un sentiment fouillé dont l’essence est remontée à la surface comme une pépite.

De ces vies minuscules, il ressort quelque chose de terrible, de terriblement humain. Par l’écriture, j’ai par moment pensé à Gracq et à Bergounioux, mais c’est du Michon qui s’est imposé. Ce livre, je l’avais dans ma liste à lire depuis un an, mais par deux fois ce fut la couverture qui a fait reculer ma lecture, mea culpa.

Titre : Vies minuscules | Auteur : Pierre Michon | Editeur : Gallimard | Thème : Littérature français  -  (zazieweb 06/12/2004)