L’interrogateur

julio_cortazarJe ne questionne pas sur les gloires ni les neiges,
je veux savoir où se retrouvent les hirondelles mortes,
où vont les boîtes d’allumettes usées.
Aussi grand que soit le monde
il y a les ongles à couper, les effiloches,
les enveloppes fatiguées, les cils qui tombent.
Où vont les brumes, le dépôt du café,
Les almanachs d’un autre temps ?

Je questionne sur le vide qui nous amine ;
je présume que dans ces cimetières
la peur pousse peu à peu
et que c’est là que couve le Rokh.

Julio Cortàzar - Crépuscule d'automne - L'interrogateur