Garcin_Des_femmes_C'est un livre surprenant, inclassable, où l'on passe des enquêtes d'un détective-privé-redresseur-de-torts à des opéras chinois, de contes ancestraux de la Chine antique aux rues bruyantes de Manhattan, de dangereux gangsters japonais à trois histoires d'amour inachevées.

Ce n'est pas un livre policier, il y a pourtant une enquête : Zhu Wenguang, dit Zuo Luo ou encore Zorro, délivre des femmes qui ont été vendues par leur famille paysanne, et qui sont battues ou séquestrées par leur mari-acquisiteur.

La construction et le style sont originaux, ça foisonne, on s'éloigne sans jamais perdre le fil, on revient. Sur le déroulement de l'enquête de Zuo Luo, viennent s'intercaler des textes courts qui apportent un éclairage particulier à l'histoire, à un personnage ou qui, sous forme de contes, soutiennent les arguments de certains autres.

C'est tour à tour cocasse ou plus profond. La première moitié se lit avec légèreté, puis le ton change avec la confession intime du héros, sa recherche personnelle... le tout avec un humour distillé de page en page.

C'est très bien fait, on prend un plaisir bien réel à cette lecture. J'aime les écrivains qui prennent des risques, cela peut donner de belles surprises comme "Des femmes disparaissent".

Bonne chance à Christian Garcin puisque son livre fait partie de la sélection du Prix du Livre France Inter 2011.

Extrait :

Il avançait comme si il savait précisément où il allait, pas comme un qui hésite. Posément, lentement. C'était un homme fort, massif, un qui ne doutait pas. Il était vêtu d'un pantalon de toile beige, d'une chemise d'un blanc douteux, et d'un blouson bon marché. Mais cela, Yoko ne se le dit pas vraiment, car elle se moquait bien des habits que portait tel ou tel. Elle engrangeait simplement les informations suivantes : homme, massif, lent, austère, sans souci de sa mise, fort d'une certitude intérieure, dont l'humour et la légèreté ne devaient pas être la caractéristique première. Et même cela, elle ne se le dit pas en ces termes. Elle le comprit instantanément, sans qu'il lui soit utile de le formuler.

Pour aller plus loin : Interview de Christian Garcin

Auteur : Christian Garcin - Titre : Des femmes disparaissent - Editions Verdier.