derniere_nuit_a_twisted_river_121698_250_400Il y a un ou deux jours, la radio branchée sur FC ou FI, j'ai entendu un passage d'une interview de Philippe Djian. Me suis arrêtée pour écouter, j'ai toujours aimé comment cet homme parle de la littérature. Il évoquait le manque de temps pour lire tout ce qui pouvait être intéressant, et le choix à faire, le choix qu'il décidait de faire, en se concentrant sur ce qui l'émouvait, des hommes comme Carver bien sûr. Il racontait une petite histoire à ce propos : que l'on ne savait bien traverser une route que si on la traversait à la manière de Raymond Carver, non pas en regardant à droite ou à gauche avant de s'engager, mais en remarquant la femme de l'autre côté de la rue, l'oiseau qui passe dans le ciel, la douceur de l'air. Je me suis reconnue, c'est aussi de cette façon que j'aime aborder la littérature.

Et, pour en venir au titre de cette chronique, voila pourquoi John Irving n'est pas pour moi. D'instinct, en recoupant ce que j'avais pu lire ou entendre sur lui, je n'avais jamais approché, ouvert un de ses livres, pas de temps à perdre alors que tant d'autres me nourrissent. Le hasard de rencontres, de discussions, m'a mis entre les mains deux titres. J'ai tenté de lire son dernier livre, "Dernière nuit à Twisted River", me suis arrêtée à la cinquantième page : la saga de ces bucherons canadiens ne faisait pas vibrer un seul de mes cheveux.

le_monde_selon_garpQuand au "Monde selon Grap" avec lequel j'ai voulu enchainer, je l'abandonne aussi : les 300 pages que j'ai lues ne m'ont pas convaincu (je trouve que j'ai été très persévérante), je renonce aux 200 suivantes. C'est bien construit, ça se lit facilement, je comprend que cela puisse plaire, ça a peut-être tout simplement mal vieilli, mais moi, rien, du moins pas grand chose. Ce livre est froid comme un poisson mort. Et il conclura mon expérience "John Irving".