clubOn passe un bon moment à se plonger dans ce livre, très prenant, qui retrace les années 50-60 à Paris, vu avec les yeux de Michel, dont l'adolescence va se heurter à l'incompréhension des générations, à la guerre d'Algérie, au monde discret des réfugiés des pays de l'est qui créé le mystérieux club des incorrigibles optimistes.

Pêle-mêle on rencontre aussi au fil des pages Sartre et Kessel, le rock, les baby-foot ou les échecs, le parti communiste et la fête de l'huma pour certains, l'ascension sociale d'après-guerre pour d'autres...

Pas de la grande littérature et quelques affirmations à l'emporte-pièce, mais une ambiance très bien rendue, et une histoire qui tiend en haleine jusqu'au bout. Récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 2009.

Extrait :

J'avais horreur de perdre mon temps. La seule chose qui me paraissait utile, c'était de lire. Chez nous, personne ne lisait vraiment. Ma mère mettait une année à lire le Livre de l'année, ce qui lui permettait d'en parler et de passer pour une grande lectrice. Mon père ne laisait pas et s'en vantait.

Franck avait des livres politiques dans sa chambre. Grand-père Philippe n'avait d'estime que pou rPaul Bourget dont il avait adoré les romans dans sa jeunesse.

- On dira ce qu'on voudra, la littérature, avant-guerre, c'était autre chose.

Il achetait des livres de collection dans les boutiques de la rue de l'Odéon. Il ne les lisait pas et se faisait une bibliothèque. Moi; j'étais un lecteur compulsif. Ca compensait le reste de la famille. Le matin, quand j'allumais la lumière, j'attrapais mon livre et il ne me quittait plus. Ca énervait ma mère de me voir le nez fourré dans un bouquin.

- Tu n'as rien d'autre à faire ?

Auteur Jean-Michel Guenassia - Titre Le club des incorrigibles optimistes - Edition Albin Michel