les demeuréesUn roman court et puissant, une écriture poétique... comblée je suis. Deux femmes et une enfant : les demeurées - la mère et la fille - et l'institutrice. L'isolement au monde de la mère et l'enfant, leur amour silencieux et intense, leur refus de tout contact afin de se protéger... et l'institutrice bienveillante, le savoir imposé qui peut détruire lorsqu'en face la peur d'apprendre est la plus forte.

Extrait :

On l'appelle La Varienne, qui sait pourquoi ! La petite, c'est Luce. Un cri d'oiseau dans le matin, qui monte tout droit et s'oublie dans le ciel. Luce. Le nom lui fait dresser le cou un peu hors de la blouse sombre, le nom de sa petite, niché là entre la nuque et le pli du col, une place hasardeuse. Allez savoir pourquoi ce nom, a-t-on dit. Mais elle l'avait crié, elle, le jour où de son sang, de son ventre, la petite avait crié.
Luce. Et on a beau rire, on a respecté la voix aux accents si graves qu'elle bourdonne aux oreilles bien après s'être tue, une voix qui rumine. Luce est un nom, un vrai. La petite est.